Guide du marché de l'Art

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UN PEU D'HISTOIRE

L'origine des ventes aux enchères

Si de tout temps, les hommes ont créé et par conséquent échangé des biens culturels, le marché de l'art comme nous le connaissons aujourd'hui a pris forme sous l'Empire romain. C'est à cette époque que se sont formalisées les ventes aux enchères d'aujourd'hui, à ceci près que l'on pouvait également y vendre des hommes (esclaves).
Celui qui organisait la vente était un auctionator (à l'origine du mot « auction » : enchère en anglais).

L'origine des commissaires-priseurs en France

Lors de l'effondrement de l'Empire romain, ce sont les notaires, greffiers ou sergents qui organisaient les ventes aux enchères, cependant afin d'encadrer les ventes ordonnées par la loi, Saint Louis puis Henri IV sont venus jeter les bases d'un monopole au profit du commissaire-priseur, officier ministériel propriétaire d'une charge.

La réforme de 2001 : Le commissaire-priseur existe-t-il toujours ?

Sous la pression de l'Union européenne, la France a dû mettre en conformité cette situation avec le principe de libre circulation des services ; en effet ce monopole empêchait des sociétés étrangères (Christie's et Sotheby's) d'organiser des ventes en France. La réforme a eu pour objet de distinguer les ventes en fonction de leur nature :
Les ventes aux enchères judiciaires, prescrites par la loi ou le juge (saisie, liquidation, tutelle...) continueront d'être organisées exclusivement par le commissaire priseur qui conserve son monopole sur ces ventes et qui devient commissaire priseur judiciaire.
Les ventes aux enchères volontaires sont celles librement décidées par le propriétaire du bien. C'est pour ce type de ventes que la refonte du système a été la plus drastique. Le commissaire-priseur en tant que tel disparaît au profit d'une SVV(société de vente volontaire), qui doit recevoir l'agrément d'une structure indépendante (le CVV :conseil des ventes) pour organiser des ventes.
Grâce à cette réforme, Christie's et Sotheby's peuvent organiser des ventes aux enchères en France.

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UNE VENTE AUX ENCHERES COMME SI VOUS Y ETIEZ :

Que l'on se trouve au Rockefeller-Center à New York chez Christie's ou dans une petite salle des ventes au fin fond de l'Espagne, le principe est rigoureusement le même : un public, des objets d'art et un commissaire-priseur (ou auctionner).

Le public

Il est en fait le véritable acteur de la vente, car c'est lui qui va mettre les enchères et faire monter les prix. Depuis 40 ans, il s'est quelque peu dématérialisé en étant présent par téléphone ou par internet.
Les ventes aux enchères sont libres et ouvertes à tous.
Les participants prennent place le plus souvent sur des chaises, mais les véritables acheteurs, n'aimant pas être sous le feu des projecteurs, préfèreront se placer en fond de salle ou sur le côté (à New York, Christie's et Sotheby's ont aménagé des cabines privées pour leurs meilleurs clients.)
Ce public est composé d'acheteurs potentiels, mais également de badauds ou simples spectateurs comme pour un spectacle.

Les biens mis en vente

Il s'agit en règle générale de tous les biens présents dans le commerce (hormis les biens immobiliers qui sont régis par des règles spéciales) ; ainsi, le déroulement d'une vente sera le même, qu'il s'agisse d'un tableau de Picasso issu d'une célèbre collection ou d'une machine-outil provenant d'une liquidation judiciaire.
Leur provenance est très diverse : succession, vente volontaire, vente judiciaire, collectionneur...
Si les ventes tendent à se spécialiser dans les grandes places du marché, on trouve encore des ventes où se côtoient le pire et le meilleur.

Le commissaire-priseur* et les enchères

Une fois l'objet décrit et présenté au public, celui-ci peut commencer à enchérir.
L'enchérisseur doit clairement montrer au commissaire-priseur sa volonté de porter une enchère. En France, il est possible de signifier son enchère à haute voix ou à main levée, alors que dans les pays anglo-saxons, l'on est munis d'une « paddle » : sorte de petit panneau avec un numéro attribué, il faut alors s'inscrire avant la vente.
C'est le commissaire-priseur qui dirige la vente, il prend les enchères assez rapidement (la vente d'un bien dure entre 30 s et 3 minutes) et décide du montant des incréments (palier entre deux enchères 80...120 ... 150... 200, etc.).
Après la dernière enchère, le commissaire priseur tape avec son marteau sur le pupitre et prononce le mot "adjugé" qui permet le transfert de propriété au meilleur et dernier enchérisseur.
Le bien peut ne pas être vendu, même si le commissaire priseur a tapé du marteau, en effet la vente était peut être assortie d'une réserve l'objet est dit alors ravalé, repris ou racheté.
Si vous êtes l'heureux adjudicataire du bien, vous devrez régler en principe le montant de votre enchère augmenté des frais de vente (entre 12 et 23 %).

* Pour plus de commodité, nous continuerons de parler de commissaire-priseur
bien que ce terme ne soit plus en adéquation avec la réforme de 2001.

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L'ETAT DU MARCHE DE L'ART EN 2009

Le marché est nettement dominé par deux sociétés de vente anglo-saxonne : Christie's (propriété de François Pinaut) et Sotheby's. Le marché de l'art français ne "pèse" que 5 ou 6% du marché de l'art international ; il est alors primordial de bien choisir son lieu de vente.

Le marché de l'art a quelque peu fléchi avec la crise de fin 2008, mais c'est surtout le mobilier et les arts traditionnels qui ont subi un net recul. Les œuvres de bonne qualité se vendent toujours très bien.