LESAGE Augustin

Augustin Lesage est une figure majeure de l’art brut et de la peinture médiumnique. Issu d’une famille de mineur, il est initié au spiritisme et commence à peindre en 1911 sous les injonctions de voix, notamment celle de sa sœur décédée. Sa première toile mesure trois mètres sur trois qu’il peindra patiemment au retour de la mine pendant de longs mois. Fasciné par l’Égypte ancienne, il s’y rend en 1939. Michel Thévoz, ancien conservateur du musée d’Art brut de Lausanne considère que : « Lesage a eu l’astuce inconsciente de faire passer sa vocation picturale par le biais de la médiumnité spirite et de trouver ainsi une brèche dans le barrage socio-culturel. Fallait-il que la confiscation de l’art par la bourgeoisie fût rédhibitoire pour que la prétention d’un ouvrier de communiquer avec Léonard de Vinci apparaisse moins insensée que celle de devenir peintre ! […] de même qu’il travaille dans la mine sous la direction de Ferfay-Cauchy, de même il peint sous la direction des esprits […] et lorsqu’il vend ses tableaux, il les facture au prix exact des factures et d’un salaire horaire équivalant à celui du houilleur. » Obsédé par la symétrie qui est de plus en plus présente dans son œuvre, il ordonne minutieusement les motifs peints dans des couleurs chatoyantes. Dubuffet achète sa première toile en 1964. Il est présenté dans l’Art Brut 3 sous le titre « La Mineur Lesage ». Une exposition au musée de Arts décoratifs de Paris en 1967 lui est consacrée. Une rétrospective a eu lieu en 1988-89, en quatre temps à Arras et Béthune, Lausanne, Florence et au Caire. En 2008, la galerie Maison Rouge (XIIe, Paris) organise une exposition qui fait dialoguer Augustin Lesage et Elmar Trenkwalder (Les Inspirés, Paris, 2008). Son œuvre est considérable (environ 800 tableaux). On peut les voir au musée de l’Art brut de Lausanne, à la collection de Laracine à Lille ou au musée d’Art moderne de la ville de Paris.

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