CLOUARD Albert

Né à Rennes en 1866 dans une famille d’orfèvre, Clouard appartient historiquement à la période nabi. Le jeune rennais découvre Perros-Guirec pendant l’été 1882. Il est définitivement conquis par les paysages. Il quitte la province pour Paris en 1888 avec l’espoir de percer dans le milieu littéraire. Il est influencé par Verlaine, les parnassiens et il est lié aux cercles symbolistes naissants. Il publie dans la revue Indépendante, dans Art et Critique et dans la Plume. Il renonce à son ambition parisienne en 1894 pour ne revenir à la capitale qu'à l’occasion de quelques salons. Il réside alors à Perros-Guirec où il renoue avec la nature et s’attelle de plus en plus sérieusement à son œuvre peint. En 1897, il fait la connaissance de Maurice Denis qui l’invite au Salon des Indépendants en 1902. Clouard ne se pense pas prêt pour le public parisien mais il expose à Rennes sous un nom d’emprunt. Ses couleurs audacieuses sont assez critiquées. Il expose finalement huit toiles aux Indépendants en 1903, aux côtés de Picabia, Dufy, Camoin, Forain, mais il ne s’y rend pas lui-même et c’est son ami, Denis, qui réceptionne les toiles. Il se déplace aux Indépendants en 1904 pour y montrer six toiles dans le style de Pont-Aven. Cette année-là on peut voir au salon Delaunay, Derain, Van Dongen. Il expose également dans la galerie de Droet, un ancien collaborateur de Rodin, avec Sérusier notamment (que lui a présenté Denis) et aux côtés de Picasso et Braque chez Clovis Sagot. C’est à ce moment qu’il fait la connaissance de Sérusier par l’intermédiaire de Denis. On le retrouve aux Indépendants en 1905, l’année de la percée fauve. En 1906, c’est sa dernière exposition aux Indépendants. Les critiques soulignent son « esprit synthétique et décoratif », « la grâce et les coloris d’enlumineur » et sa « feinte naïveté ». L’année suivante, on peut voir huit de ses toiles à l’Exposition de la Libre Esthétique de Bruxelles, où il est invité par Octave Maus, mais il ne s’y rend pas lui-même. Entre 1907 et 1910, il peint de façon sporadique et n’expose plus. Il vit retiré en Bretagne, en poète et collectionneur. On observe dans ses paysages une grande stylisation, une sélection de teintes restreinte et un fort esprit de synthèse. Il supprime les volumes sans pour autant renoncer à rendre la profondeur. Bruno Belleil a publié ses oeuvres dans un catalogue raisonné intitulé Albert Clouard : les derniers feux du symbolisme en Bretagne, 1992.

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