Lot 103

Charles LAPICQUE (Theizé 1898 - Orsay 1988)

Les deux masques

Craie noire sur papier marouflé sur toile

48 x 32 cm à la vue

Signé et daté en haut à droite Lapicque 45



Un certificat de Monsieur Marc Métayer sera remis à l'acquéreur



Lapicque dessine depuis son enfance, de toutes les manières possibles, soit devant le motif, soit d’imagination. A partir de 1944, il se soumet dans ce domaine à un entraînement incessant, auquel d’une façon presque « automatique » et assez « gestuelle », il laisse le champ libre « à l’impulsion intérieure, au geste, en d’innombrables essais, dont n’étaient conservés que ceux apportant effectivement l’impression d’une présence humaine caractérisée ».



Cette œuvre graphique sur papier fait partie des dessins dits d’impulsion. Sans projets préétabli, ils ne prennent sens qu’une fois terminés.

Ses collections de masques africains et de statuettes archaïques, invitent Charles Lapicque à donner à ses œuvres de 1943 à 1945 et tout particulièrement à ce dessin de 1945 « les deux masques » la brutalité des objets africains.



Aux termes de longues méditations sur l’art d’Afrique noire et l’art précolombien qu'il collectait depuis 1938, Charles LAPICQUE disait, à propos des objets de la collection Granville à Dijon, qu’il présentait dans la revue du Louvre et des musées de France parue en mars 1977 (page 210) :



« Ce ne sont pas les siècles en eux même qui nous exaltent, mais la présence des dieux, devant lesquels le créateur de ces œuvres s’est à ce point effacé, qu’à supposer qu’on nous révèle son nom, le plus grand hommage à lui rendre serait de l’oublier aussitôt. Au reste il s’en va de même pour une forme d’art qui s’est prolongée presque jusqu’à nos jours : l’art africain. Ignorant toutes « Renaissances », il est demeuré si semblable à lui-même que pas une date n’a pu être assignée aux œuvres dirigées vers le divin: il y a fort à parier que certaines d’entre elles sont contemporaines de Géricault ou de Van Gogh. Qu’importe ! Leurs créateurs n’ont pas cherché à diviniser leur propre personne ni même leur siècle, mais à invoquer les puissances protectrices de leur race. C’est pourquoi ces œuvres, si voisine de nous par la chronologie, se trouvent si éloignées de notre siècle, non moins que du précédent, bien qu’il soit probablement le leur. »



Sa vision globale de l’art l’incita à faire côtoyer dans une même salle d’exposition, dans l’esprit du musée imaginaire de Malraux, ses œuvres dites de l’Ecole de Paris des années cinquante avec des faïences de Nevers et de Rouen ou ses œuvres plus cubistes avec des masques africains comme ce fût le cas à la galerie Louis Carré en 1947 avec des œuvres de 1944-1945 comme « les deux masques » présenté avec une statuette Fang et des masques Dan, où encore un peu plus tard à la galerie de Pierre Loeb avec la collaboration de Charles RATTON ou de sa collaboratrice Madeleine Rousseau.

Cette dernière disait dans sa revue « Le Musée vivant » de juin 1955 lors d’une visite de l’atelier de Charles LAPICQUE situé rue Froidevaux à Paris en découvrant une œuvre majeure de 1937, « Le buveur », « Charles Lapicque introduit dans ses tableaux des éléments de civilisations étrangères comme cette magnifique toile d’une expression intense représentant un buveur habillé de bleu et coiffé d’un masque Toltèque. »



Dans le CD « Les statues meurent aussi » film d’Alain RESNAIS et Chris MARKER, production de la revue Présence Africaine, avec comme conseiller artistique Charles RATTON, les collections d’art africain de Charles LAPICQUE, HARTUNG, TZARA y sont présentées.

Estimation : 5 000 € - 6 000 €

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Charles LAPICQUE (Theizé 1898 - Orsay 1988)

Les deux masques

Craie noire sur papier marouflé sur toile

48 x 32 cm à la vue

Signé et daté en haut à droite Lapicque 45



Un certificat de Monsieur Marc Métayer sera remis à l'acquéreur



Lapicque dessine depuis son enfance, de toutes les manières possibles, soit devant le motif, soit d’imagination. A partir de 1944, il se soumet dans ce domaine à un entraînement incessant, auquel d’une façon presque « automatique » et assez « gestuelle », il laisse le champ libre « à l’impulsion intérieure, au geste, en d’innombrables essais, dont n’étaient conservés que ceux apportant effectivement l’impression d’une présence humaine caractérisée ».



Cette œuvre graphique sur papier fait partie des dessins dits d’impulsion. Sans projets préétabli, ils ne prennent sens qu’une fois terminés.

Ses collections de masques africains et de statuettes archaïques, invitent Charles Lapicque à donner à ses œuvres de 1943 à 1945 et tout particulièrement à ce dessin de 1945 « les deux masques » la brutalité des objets africains.



Aux termes de longues méditations sur l’art d’Afrique noire et l’art précolombien qu'il collectait depuis 1938, Charles LAPICQUE disait, à propos des objets de la collection Granville à Dijon, qu’il présentait dans la revue du Louvre et des musées de France parue en mars 1977 (page 210) :



« Ce ne sont pas les siècles en eux même qui nous exaltent, mais la présence des dieux, devant lesquels le créateur de ces œuvres s’est à ce point effacé, qu’à supposer qu’on nous révèle son nom, le plus grand hommage à lui rendre serait de l’oublier aussitôt. Au reste il s’en va de même pour une forme d’art qui s’est prolongée presque jusqu’à nos jours : l’art africain. Ignorant toutes « Renaissances », il est demeuré si semblable à lui-même que pas une date n’a pu être assignée aux œuvres dirigées vers le divin: il y a fort à parier que certaines d’entre elles sont contemporaines de Géricault ou de Van Gogh. Qu’importe ! Leurs créateurs n’ont pas cherché à diviniser leur propre personne ni même leur siècle, mais à invoquer les puissances protectrices de leur race. C’est pourquoi ces œuvres, si voisine de nous par la chronologie, se trouvent si éloignées de notre siècle, non moins que du précédent, bien qu’il soit probablement le leur. »



Sa vision globale de l’art l’incita à faire côtoyer dans une même salle d’exposition, dans l’esprit du musée imaginaire de Malraux, ses œuvres dites de l’Ecole de Paris des années cinquante avec des faïences de Nevers et de Rouen ou ses œuvres plus cubistes avec des masques africains comme ce fût le cas à la galerie Louis Carré en 1947 avec des œuvres de 1944-1945 comme « les deux masques » présenté avec une statuette Fang et des masques Dan, où encore un peu plus tard à la galerie de Pierre Loeb avec la collaboration de Charles RATTON ou de sa collaboratrice Madeleine Rousseau.

Cette dernière disait dans sa revue « Le Musée vivant » de juin 1955 lors d’une visite de l’atelier de Charles LAPICQUE situé rue Froidevaux à Paris en découvrant une œuvre majeure de 1937, « Le buveur », « Charles Lapicque introduit dans ses tableaux des éléments de civilisations étrangères comme cette magnifique toile d’une expression intense représentant un buveur habillé de bleu et coiffé d’un masque Toltèque. »



Dans le CD « Les statues meurent aussi » film d’Alain RESNAIS et Chris MARKER, production de la revue Présence Africaine, avec comme conseiller artistique Charles RATTON, les collections d’art africain de Charles LAPICQUE, HARTUNG, TZARA y sont présentées.

Estimation : 5 000 € - 6 000 €


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