Lot 155

Tablette Rongorongo

Tablette gravée d'idéogrammes disposés sur six rangées horizontales
Bois dur, ancienne érosion du temps au revers, patine et marques d'usage
Quelques altérations latérales sur la partie haute de l'écriture

Ile de Pâques

27 x 7,4 x 2,3 cm


Provenance : ancienne collection Francis Mazière (1924-1994), ethnologue et archéologue français. Acquis auprès de son fils par Marceau Rivière en 2009


Les tablettes rongorongo furent découvertes sur l’île de Pâques par le missionnaire Eugène Eyraud au cours de son premier voyage d’évangélisation en 1864. En 1869, Gaspar Zuhmbohm en offrit une à l’évêque Jaussen, à Tahiti, de la part des habitants Rapa-Nui. Voyant l’importance d’un tel cadeau, il missionne le père Hippolyte Roussel, alors présent sur l’île, pour collecter toutes les tablettes et trouver des insulaires capables de les déchiffrer. Roussel parvient à récupérer quelques tablettes supplémentaires et ne trouve personne pour les lire cette année-là, ce n’est que l’année d’après qu’il rencontre à Tahiti un ouvrier originaire de l’île de Pâques, M’etoro Tau’a Ure, qui était réputé pour connaître les inscriptions par cœur. Il y eut de nombreuses tentatives pour déchiffrer les écritures mystérieuses rongorongo provenant de l’île de Pâques depuis sa découverte à la fin du XIXe siècle, comme pour d’autres écritures non déchiffrées, de nombreuses approches se sont avérées fantaisistes. Le faible nombre de rongorongo existant, comprend seulement 15000 glyphes lisibles. Aujourd’hui, la plupart des philologistes, linguistes et spécialistes d’histoire culturelle ont adopté l’idée que les rongorongo n’étaient pas une écriture réelle mais plutôt une proto-écriture basée sur des idéogrammes ou des concepts mythologiques. Il est fort probable qu’il s’agisse de textes ouvrant sur des sujets tels que la généalogie, la navigation, l’astronomie, les mythes, la religion ou l’agriculture. Les traditions orales suggèrent que seule une élite restreinte connaissait les textes et que cela aurait contribué au statut sacré de ces tablettes.

26 objets en bois avec des inscriptions rongorongo ont été collecté dans la seconde moitié du XIXe siècle, ils sont aujourd’hui conservés dans les musées et collections particulières. Il s’agit majoritairement de tablettes mais aussi d’un bâton de chef, d’une statuette d’homme-oiseau Tangata Manu et de deux ornements pectoraux, ces tablettes constituent le corpus accepté de tous. Notre tablette fut collectée dans les années 1960 par le célèbre archéologue et ethnologue Francis Mazière. D’après la spécialiste Irina Fedorova qui a traduit une partie de ces idéogrammes les textes de notre tablette lui semblent tout à fait conformes et classiques. L’analyse au radiocarbone réalisée par le docteur George Bonami de l’Institut Fédérale Suisse de Technologie de Zurich montre un résultat de 260 ans, ceci démontre sans aucun doute la vieillesse du support. Mais toujours d’après celle-ci, les inscriptions ont été réalisé plus tardivement, elle conclue qu’elles ont été réalisées à la fin du XIXe siècle ou au tout début du XXe siècle par un des derniers connaisseurs de la tradition rongorongo, un homme très âgé avec des problèmes de vision. Les signes d’une grande élégance de nombres correctes comportant tous les éléments additionnels peuvent sans nul doute être comparé aux signes classiques réalisés sur les tablettes collectées au XIXe siècle (l’étude complète du déchiffrement d’Irina Fedorova sera remise à l’acquéreur).

Francis Mazière, archéologue et ethnologue français né en 1924 et décédé en 1994, choisit de vivre une vie d’explorateur qui l’amena à écrire des livres et des scénari. C’est à l’âge de 23 ans, en 1946-1947 qu’il réalisa sa première expédition dans le cadre de la mission Ogôoué-Congo. Mais, c’est principalement son voyage de 1963 qui le rendit célèbre. En effet, partit à bord d’une goélette de 19 mètres avec sa femme Tila, fille du dernier roi de Tahiti et, comme telle, initiée à la Langue Sacrée de l’archipel, ils atteignirent, en cinquante jours seulement, l’île de Pâques. C’est notamment grâce à Tila qu’il put entrer en contact avec les vieux Rapanui, ultimes détenteurs de la tradition et du savoir de l’île. F.Mazière y resta deux ans dans le but de percer l’énigme des géants de l’île, les célèbres moai, notamment en effectuant des tests au carbone 14 permettant de les dater. De cette grande aventure est né son plus célèbre livre et scénario : Fantastique île de Pâques, un best-seller tiré à près d'un million d'exemplaires et un film projeté un peu partout dans le monde. Avant son départ, les habitants de l’île lui ont remis des tablettes secrètes (dont faisait probablement partie celle-ci) dans lesquelles se trouvent des indices sur l’origine de l’île et de ses habitants. Par la suite, il devint le directeur de la collection « Énigmes de l’univers » chez l'éditeur Robert Laffont, puis des « Portes de l’étrange ». L’île de Pâques recèle encore de nombreux mystères dont cette tablette est un exemple de tradition ancestrale encore vivante.

Estimation : 1 € - 2 €

fin de l'enchère le 25 mai à 17h 34mn 00s

Vente terminée

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Tablette Rongorongo

Tablette gravée d'idéogrammes disposés sur six rangées horizontales
Bois dur, ancienne érosion du temps au revers, patine et marques d'usage
Quelques altérations latérales sur la partie haute de l'écriture

Ile de Pâques

27 x 7,4 x 2,3 cm


Provenance : ancienne collection Francis Mazière (1924-1994), ethnologue et archéologue français. Acquis auprès de son fils par Marceau Rivière en 2009


Les tablettes rongorongo furent découvertes sur l’île de Pâques par le missionnaire Eugène Eyraud au cours de son premier voyage d’évangélisation en 1864. En 1869, Gaspar Zuhmbohm en offrit une à l’évêque Jaussen, à Tahiti, de la part des habitants Rapa-Nui. Voyant l’importance d’un tel cadeau, il missionne le père Hippolyte Roussel, alors présent sur l’île, pour collecter toutes les tablettes et trouver des insulaires capables de les déchiffrer. Roussel parvient à récupérer quelques tablettes supplémentaires et ne trouve personne pour les lire cette année-là, ce n’est que l’année d’après qu’il rencontre à Tahiti un ouvrier originaire de l’île de Pâques, M’etoro Tau’a Ure, qui était réputé pour connaître les inscriptions par cœur. Il y eut de nombreuses tentatives pour déchiffrer les écritures mystérieuses rongorongo provenant de l’île de Pâques depuis sa découverte à la fin du XIXe siècle, comme pour d’autres écritures non déchiffrées, de nombreuses approches se sont avérées fantaisistes. Le faible nombre de rongorongo existant, comprend seulement 15000 glyphes lisibles. Aujourd’hui, la plupart des philologistes, linguistes et spécialistes d’histoire culturelle ont adopté l’idée que les rongorongo n’étaient pas une écriture réelle mais plutôt une proto-écriture basée sur des idéogrammes ou des concepts mythologiques. Il est fort probable qu’il s’agisse de textes ouvrant sur des sujets tels que la généalogie, la navigation, l’astronomie, les mythes, la religion ou l’agriculture. Les traditions orales suggèrent que seule une élite restreinte connaissait les textes et que cela aurait contribué au statut sacré de ces tablettes.

26 objets en bois avec des inscriptions rongorongo ont été collecté dans la seconde moitié du XIXe siècle, ils sont aujourd’hui conservés dans les musées et collections particulières. Il s’agit majoritairement de tablettes mais aussi d’un bâton de chef, d’une statuette d’homme-oiseau Tangata Manu et de deux ornements pectoraux, ces tablettes constituent le corpus accepté de tous. Notre tablette fut collectée dans les années 1960 par le célèbre archéologue et ethnologue Francis Mazière. D’après la spécialiste Irina Fedorova qui a traduit une partie de ces idéogrammes les textes de notre tablette lui semblent tout à fait conformes et classiques. L’analyse au radiocarbone réalisée par le docteur George Bonami de l’Institut Fédérale Suisse de Technologie de Zurich montre un résultat de 260 ans, ceci démontre sans aucun doute la vieillesse du support. Mais toujours d’après celle-ci, les inscriptions ont été réalisé plus tardivement, elle conclue qu’elles ont été réalisées à la fin du XIXe siècle ou au tout début du XXe siècle par un des derniers connaisseurs de la tradition rongorongo, un homme très âgé avec des problèmes de vision. Les signes d’une grande élégance de nombres correctes comportant tous les éléments additionnels peuvent sans nul doute être comparé aux signes classiques réalisés sur les tablettes collectées au XIXe siècle (l’étude complète du déchiffrement d’Irina Fedorova sera remise à l’acquéreur).

Francis Mazière, archéologue et ethnologue français né en 1924 et décédé en 1994, choisit de vivre une vie d’explorateur qui l’amena à écrire des livres et des scénari. C’est à l’âge de 23 ans, en 1946-1947 qu’il réalisa sa première expédition dans le cadre de la mission Ogôoué-Congo. Mais, c’est principalement son voyage de 1963 qui le rendit célèbre. En effet, partit à bord d’une goélette de 19 mètres avec sa femme Tila, fille du dernier roi de Tahiti et, comme telle, initiée à la Langue Sacrée de l’archipel, ils atteignirent, en cinquante jours seulement, l’île de Pâques. C’est notamment grâce à Tila qu’il put entrer en contact avec les vieux Rapanui, ultimes détenteurs de la tradition et du savoir de l’île. F.Mazière y resta deux ans dans le but de percer l’énigme des géants de l’île, les célèbres moai, notamment en effectuant des tests au carbone 14 permettant de les dater. De cette grande aventure est né son plus célèbre livre et scénario : Fantastique île de Pâques, un best-seller tiré à près d'un million d'exemplaires et un film projeté un peu partout dans le monde. Avant son départ, les habitants de l’île lui ont remis des tablettes secrètes (dont faisait probablement partie celle-ci) dans lesquelles se trouvent des indices sur l’origine de l’île et de ses habitants. Par la suite, il devint le directeur de la collection « Énigmes de l’univers » chez l'éditeur Robert Laffont, puis des « Portes de l’étrange ». L’île de Pâques recèle encore de nombreux mystères dont cette tablette est un exemple de tradition ancestrale encore vivante.

Estimation : 1 € - 2 €


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