Lot 55

ROCHEFORT (Henri)

ROCHEFORT (Henri) - 1831-1913. L.A.S., slnd, 2 pp. ½ in-8, à François-Victor Hugo (1828-1873, fils de Victor Hugo, écrivain et journaliste). Intéressante lettre du journaliste et polémiste Henri Rochefort, surnommé ""l'homme aux vingt duels et trente procès"" à propos d'une publication qui lui vaut quelques ennuis et pour laquelle il est poursuivi :
"" Je suis arrivé à Paris samedi à 3 heures. J'ai été peu surpris de rencontrer à la gare deux agents de police qui m'y attendaient […] J'ai fini par faire filer mon cheval et je les ai dépistés : je suis monté chez Brébant d'où je les ai vus tous les deux cherchant leurs hommes comme des enfants qui ont perdu leurs mères […] Le numéro 12 publié à Bruxelles n'est pas encore entré ici et n'y entrera évidemment pas. Pas un imprimeur ne consent à s'en charger à Paris. Mais je vais louer une presse et comme c'est un droit d'après la nouvelle loi d'imprimer moi-même à dix mille. S'il est saisi la perte sera mince. S'il ne l'est pas je décuplerai le tirage. J'appellerai ensuite du jugement en demandant à Jules Favre de me défendre et je m'incarcérerai finalement pour seize mois. […] Laissez-moi vous dire maintenant, mon cher Victor, combien j'ai été touché et heureux de l'excellent et cordial accueil que vous m'avez tous fait, votre illustre père en tête. […] Donnez-moi des nouvelles de Madame Victor Hugo et de Mdame Charles Hugo qui va avoir aussi un moment difficile à passer [Charles Hugo fut à plusieurs reprises inquiété pour ses opinions, à commencer par la publication d'un article contre la peine de mort en 1851 qui lui vaudra 6 mois de prison]. Donnez moi également des nouvelles de mes petits que je n'ose pas encore faire revenir […] Ils voudraient bien m'arrêter les idiots mais ils ont fait démentir par leurs journaux le mandat d'arrestation ils hésitent à accomplir aussi publiquement cette trahison. […] Dites moi comment le n° s'est vendu en Belgique et faites donc établir mes comptes chez Rosez [ou Rodez?] […] Rassurez ma bonne à qui je n'écris pas. Je suis à Paris sans avoir été inquiété jusqu'à présent. Mille amitiés à toute la maison et en avant marche ![…]"" Intéressante lettre concernant la parution d'un numéro du célèbre journal de Rochefort, la Lanterne, qui se livrait à une critique acerbe de Napoléon le petit et du Second Empire, et paradoxalement créé en mai 1868 grâce à un assouplissement de la loi sur la presse. Imprimé à 15 000 exemplaires, il faut lancer des tirages supplémentaires pour atteindre les 100 000 exemplaires vendus. Après une interdiction à la vente publique, il est attaqué en justice et sévèrement condamné (amendes et prison). Rochefort rejoint alors Bruxelles où il retrouver un autre ennemi juré de l'empereur : Victor Hugo, qui l'héberge pendant plusieurs mois et à qui Rochefort voue depuis toujours une grande admiration.
En France, on continue de se délecter de La Lanterne, vendue clandestinement. Protégé par son exil, Rochefort adopte un ton encore plus acerbe dans ces critiques de l’Empire. L'ennemi juré des bonapartistes est sollicité par les électeurs parisiens lors des élections législatives de 1869, mais il est battu par Jules Favre (auquel se rallient les bonapartistes). En novembre, il est élu au siège laissé vacant par Léon Gambetta.

Estimation : 80 € - 100 €

fin de l'enchère le 23 novembre à 14h 54mn 00s

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ROCHEFORT (Henri)

ROCHEFORT (Henri) - 1831-1913. L.A.S., slnd, 2 pp. ½ in-8, à François-Victor Hugo (1828-1873, fils de Victor Hugo, écrivain et journaliste). Intéressante lettre du journaliste et polémiste Henri Rochefort, surnommé ""l'homme aux vingt duels et trente procès"" à propos d'une publication qui lui vaut quelques ennuis et pour laquelle il est poursuivi :
"" Je suis arrivé à Paris samedi à 3 heures. J'ai été peu surpris de rencontrer à la gare deux agents de police qui m'y attendaient […] J'ai fini par faire filer mon cheval et je les ai dépistés : je suis monté chez Brébant d'où je les ai vus tous les deux cherchant leurs hommes comme des enfants qui ont perdu leurs mères […] Le numéro 12 publié à Bruxelles n'est pas encore entré ici et n'y entrera évidemment pas. Pas un imprimeur ne consent à s'en charger à Paris. Mais je vais louer une presse et comme c'est un droit d'après la nouvelle loi d'imprimer moi-même à dix mille. S'il est saisi la perte sera mince. S'il ne l'est pas je décuplerai le tirage. J'appellerai ensuite du jugement en demandant à Jules Favre de me défendre et je m'incarcérerai finalement pour seize mois. […] Laissez-moi vous dire maintenant, mon cher Victor, combien j'ai été touché et heureux de l'excellent et cordial accueil que vous m'avez tous fait, votre illustre père en tête. […] Donnez-moi des nouvelles de Madame Victor Hugo et de Mdame Charles Hugo qui va avoir aussi un moment difficile à passer [Charles Hugo fut à plusieurs reprises inquiété pour ses opinions, à commencer par la publication d'un article contre la peine de mort en 1851 qui lui vaudra 6 mois de prison]. Donnez moi également des nouvelles de mes petits que je n'ose pas encore faire revenir […] Ils voudraient bien m'arrêter les idiots mais ils ont fait démentir par leurs journaux le mandat d'arrestation ils hésitent à accomplir aussi publiquement cette trahison. […] Dites moi comment le n° s'est vendu en Belgique et faites donc établir mes comptes chez Rosez [ou Rodez?] […] Rassurez ma bonne à qui je n'écris pas. Je suis à Paris sans avoir été inquiété jusqu'à présent. Mille amitiés à toute la maison et en avant marche ![…]"" Intéressante lettre concernant la parution d'un numéro du célèbre journal de Rochefort, la Lanterne, qui se livrait à une critique acerbe de Napoléon le petit et du Second Empire, et paradoxalement créé en mai 1868 grâce à un assouplissement de la loi sur la presse. Imprimé à 15 000 exemplaires, il faut lancer des tirages supplémentaires pour atteindre les 100 000 exemplaires vendus. Après une interdiction à la vente publique, il est attaqué en justice et sévèrement condamné (amendes et prison). Rochefort rejoint alors Bruxelles où il retrouver un autre ennemi juré de l'empereur : Victor Hugo, qui l'héberge pendant plusieurs mois et à qui Rochefort voue depuis toujours une grande admiration.
En France, on continue de se délecter de La Lanterne, vendue clandestinement. Protégé par son exil, Rochefort adopte un ton encore plus acerbe dans ces critiques de l’Empire. L'ennemi juré des bonapartistes est sollicité par les électeurs parisiens lors des élections législatives de 1869, mais il est battu par Jules Favre (auquel se rallient les bonapartistes). En novembre, il est élu au siège laissé vacant par Léon Gambetta.

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