PARCOURS DES CONTINENTS

PARCOURS DES CONTINENTS

Du 17 février 17h00 au 2 mars 2021 13h30

Expert : Serge Reynes (Cabinet Origine Expert)

 

Partie 1 : Collection Picha - lots 1 à 18

L’ethnie Mambila demeure un peuple empreint de mystère, tant les sources sont rares concernant leurs origines. Vivant à la frontière entre le Cameroun et le Nigéria, ce groupe d’agriculteurs et d’éleveurs subsiste principalement de la production et du commerce de café. Bien que l’Islam et le christianisme soient fortement implantés dans la région, les croyances ancestrales perdurent, parmi lesquelles il est possible de citer les traditions reliées au Suaga. Ce terme désigne la société des guérisseurs chez les Mambila, dont les actions touchent à la fois aux questions de justice, aux rituels de purification, ou encore à la protection des membres de la communauté face aux forces maléfiques. Au cœur des pratiques liées au Suaga se trouvent des œuvres à l’originalité saisissante, les statuettes Kiké. Ces pièces, tantôt anthropomorphes, tantôt zoomorphes, arborent généralement trois couleurs, du noir obtenu à partir de suie, recouvert ensuite d’ocre rouge et de craie blanche. Taillés dans le cœur du palmier à raphia, ces personnages prennent souvent la forme de trois tiges d’un bois très léger, maintenues par des chevilles en bois plus dur. Les statuettes Kiké peuvent prendre la forme de paires féminines et masculines, ou encore présenter des figures Janus. Bien que longtemps rattachées au culte des ancêtres, il semblerait que les productions Mambila de type Kiké soient plutôt des éléments destinés à des fins thérapeutiques et prophylactiques. Conservés à l’extérieur des greniers et des cases, les figures Kiké n’étaient pas supposées se conserver plus d’une année, en raison de la nature du bois si tendre qui les compose, et des conditions climatiques auxquelles elles étaient exposées.

Une partie de ces éphémères protecteurs a pu trouver une place au sein de la collection de Jean-Paul Walravens, peut-être plus connu sous son nom de plume Picha. Ce dessinateur belge, formé à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, est notamment connu pour ses planches publiées par Hara-Kiri, le quotidien belge La Libre ou encore le New York Times. Auteur de bandes-dessinées telles que Picha au Club Méditerranée, il réalise également des films d’animation, au nombre desquels La Honte de la Jungle, en 1975, ou plus récemment Blanche-Neige, La Suite, en 2007. Le ton utilisé par Picha, dans le cadre de ses diverses créations aux histoires rocambolesques, est résolument impertinent voire irrévérencieux, et se garde de toute considération trop sérieuse. Il s’agit sans doute là, en partie, de la raison de l’attirance de Jean-Paul Walravens pour les statuettes Kiké, dont les expressions humoristiques lui rappelaient des personnages de dessins animés. Ces petites créatures de bois colorées, au sourire goguenard et à la structure si légère, ont en effet de quoi transporter l’imagination, et font preuve, si ce n’est d’insolence, tout au moins d’une dérision raisonnant parfaitement avec l’univers de ce collectionneur.

 

Frais de vente : 30% TTC

Trier par
Lot par page

Page 2 sur 6

Filtrer par